Le contexte

Le site de l’installation partagée est aménagé sur le territoire traditionnel du peuple algonquin Anishinabeg, qui vit dans la région depuis des temps immémoriaux. Le domaine qui entoure la chute des Chaudières est un lieu de rassemblement sacré pour la nation algonquine Anishinabeg et d’autres Premières Nations, en raison de son association au portage et à la route commerciale qu’empruntaient les peuples autochtones le long de la rivière des Outaouais (Kichi Sipi).

L’idée d’aménager une bibliothèque publique communautaire et une bibliothèque et des archives nationales sur ce site est l’occasion de se pencher sur la nature du transfert du savoir et de l’apprentissage qui se dérouleront dans ce bâtiment et sur les liens avec la nation algonquine Anishinabeg et les communautés autochtones d’Ottawa et d’un océan à l’autre. L’inclusion du savoir traditionnel autochtone vient enrichir l’identité et la vision du projet.

L’équipe du projet de l’installation partagée et les architectes ont travaillé en collaboration avec un spécialiste de la consultation des Autochtones afin de mobiliser la nation hôte algonquine Anishinabeg. Ce spécialiste a joué le rôle de guide et d’animateur de la consultation de la nation algonquine Anishinabeg à propos de ce projet. L’objectif consistait à mener un processus de consultation significatif, fondé sur les grands principes de l’amitié, de la confiance et de l’intérêt mutuel, en plus de respecter un processus et une approche fidèles aux protocoles culturels et au savoir traditionnel autochtone.
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L’APPROCHE ADOPTÉE DANS LA CONSULTATION

La Première Nation Kitigan Zibi Anishinabeg et la Première Nation algonquine de Pikwàkanagàn ont été les deux grandes communautés sélectionnées pour la consultation qui a porté sur la conception de l’installation partagée. Si ces communautés sont importantes, c’est pour un certain nombre de raisons, dont leur proximité par rapport à Ottawa, leur harmonie culturelle et l’intérêt qu’elles ont exprimé pour participer à la consultation.

Afin de lancer ce processus, les équipes de la conception et du projet se sont rendues dans les deux communautés en mars 2019. Ces premières réunions ont servi à écouter, comprendre et nouer des relations. Il fallait obtenir la confiance des aînés et respecter leurs communautés pour rester fidèle à l’esprit du projet et jeter les fondements d’une relation avantageuse de part et d’autre. L’équipe chargée de la conception a donné un aperçu du projet, du calendrier et des étapes et a surtout demandé des avis sur ce qu’il fallait faire pour reconnaître concrètement le territoire algonquin.

Afin de poursuivre la série de consultations, l’équipe chargée de la conception a invité à Ottawa, en juin 2019, les aînés et les membres intéressés de la communauté pour exprimer des avis créatifs à l’occasion des ateliers consacrés à la conception. Le premier atelier de conception a été l’occasion de se concerter avec les membres de la communauté pour définir, dans l’installation et le paysage, les lieux privilégiés dans lesquels on pourrait intégrer des éléments de conception propres à la culture autochtone.

En plus de travailler en collaboration avec les communautés de la Première Nation Kitigan Zibi Anishinabeg et la Première Nation algonquine de Pikwàkanagàn, l’équipe chargée de la conception s’est réunie en mai 2019 avec le Comité consultatif autochtone de Bibliothèque et Archives Canada.

Puis, deux ateliers axés sur la conception se sont déroulés, en octobre et en décembre 2019, dans les communautés de la Première Nation Kitigan Zibi Anishinabeg et la Première Nation algonquine de Pikwàkanagàn. L’équipe chargée de la conception a livré à ces communautés le compte rendu de ce qui s’était dit durant les derniers ateliers de conception et des incidences de leurs idées sur la conception de l’installation. Pour en savoir plus à propos des commentaires exprimés par la nation hôte algonquine Anishinabeg sur la conception.

Les séances de consultation

Au début de 2020, l’équipe du projet a planifié d’autres activités de consultation auprès de la collectivité autochtone de la zone urbaine d’Ottawa, ainsi qu’avec des organismes autochtones d’envergure nationale, pour concevoir un espace accueillant, mûrement réfléchi et inclusif de tous les visiteurs représentant les Premières Nations, les Inuits et les Métis.

La pandémie de COVID-19 a obligé à tenir, sur des plateformes virtuelles et en ligne, toutes les activités de consultation des Autochtones.

À la fin de septembre et au début d’octobre 2020, les séances de consultation destinées aux organismes autochtones locaux et nationaux sur les sources d’inspiration architecturale de la conception de l’installation, les concepts initiaux de l’intégration des œuvres d’art autochtones dans l’installation et la première réflexion sur les programmes, les collections et les services se sont déroulées virtuellement. La structure de ces consultations prévoyait des occasions de poser des questions et d’échanger des idées.

Menée par des animateurs autochtones, une séance de consultation virtuelle a eu lieu en novembre 2020 avec les membres de la communauté locale des Autochtones de la zone urbaine d’Ottawa Gatineau.

On a pu donner aux participants de l’information sur les sources d’inspiration architecturale dans la conception de l’installation; ils ont pu poser des questions sur les programmes, les services et les caractéristiques de l’installation partagée et faire des commentaires et des recommandations pour s’assurer que la nouvelle installation partagée serait un lieu inclusif pour les particuliers, les familles et les organismes des Premières Nations et des nations inuite et métisse de la localité.

View of Facility from Albert St East

Le sondage en ligne

Un sondage en ligne à l’intention des Autochtones assurait l’appoint des séances de consultation virtuelles. Ce sondage offrait, aux peuples autochtones de la région d’Ottawa et de tout le Canada, l’occasion d’exprimer des idées, des suggestions et des commentaires sur la nouvelle installation partagée, notamment sur la conception des espaces intérieurs et extérieurs, de même que sur les programmes et les services offerts.

Les prochaines étapes

L’équipe du projet continuera de consulter les nations algonquines Anishinabeg hôtes et les communautés locales et nationales des Premières Nations et des nations inuite et métisse, afin d’éclairer les programmes et les services qui seront offerts dans l’installation partagée.

Tous les partenaires du projet souhaitent nouer des liens qui seront permanents et qui se poursuivront dans les prochaines années de la planification et après l’ouverture de l’installation partagée.

Appellation de l’installation

Alors que l’engagement et la collaboration se poursuivent, il est devenu évident que l’on pourrait aussi donner un nom dans la langue algonquine anishinābemowin à ce nouveau bâtiment, conçu pour être inclusif et accueillant pour toutes et pour tous.

Après mûre réflexion, la nation hôte et l’équipe de projet ont choisi le nom Ādisōke — un mot anishinābemowin qui désigne l’art du récit. Le récit est le moyen traditionnel par lequel les peuples autochtones transmettent le savoir, la culture et l’histoire aux générations suivantes.

Lisez le communiqué de presse sur le dévoilement du nom.

Lisez l’histoire du mot Adisōke.